Elysa Razafindrafara fait partie des artisans malgaches à qui le dress-code “tenue vita Malagasy” de la Fête nationale a profité cette année. Elle est styliste et la gérante de “My Passion Madagascar”. Vous avez peut-être aperçu quelques-unes de ses créations le 26 juin dernier. Elle avait notamment habillé le ministre de l’Environnement et du développement durable, la directrice de la TVM et des journalistes qui avaient assuré la transmission en direct de la célébration du 66e anniversaire du retour de l’indépendance. Nous l’avons rencontrée pour revenir sur son parcours et bien sûr pour évoquer l’afflux de commandes avant la fête nationale ce mois de juin. Rencontre.
Comment avez-vous appris ce métier ?
J’exerce ce métier depuis 2018. Je ne l’ai pas vraiment appris. Je pense que c’est surtout une question de talent naturel. Je travaille avec une équipe, composée d’une vingtaine de personnes : des couturiers, des brodeuses, un peintre, des livreurs, etc. au quotidien. Pour réaliser une tenue, nous n’avons pas d’organisation précise, nous prenons vraiment le temps qu’il faut.
Pourquoi avoir choisi de confectionner des tenues inspirées des tenues “traditionnelles malgaches” ?
J’ai toujours apprécié les “vita malagasy” et le savoir-faire de nos artisans.

Comment définissez-vous “tenue traditionnelle” ?
Pour moi, une tenue traditionnelle malgache, c’est une tenue simple, qui représente les valeurs du pays.
Parlons du défilé des personnalités avec des tenues “vita Malagasy” le 26 juin. À partir de quand les commandes pour le 26 juin ont-elles commencé à arriver chez vous ?
Les premières commandes, nous les avons reçues presque un an à l’avance.
Avez-vous constaté une augmentation de la demande cette année particulièrement ?
Oui, nous avons constaté une légère augmentation. Cette hausse s’explique surtout, je pense, par la propension à s’habiller “gasy-gasy”. Mais nous avons gardé notre rythme de travail habituel, car la plupart de nos clients ont acheté des tenues déjà prêtes au showroom. Les tenues aux couleurs du pays ont été les plus demandées. Nos clients venaient de partout : de Madagascar comme de l’étranger. Je pense même que la majorité de nos commandes de cette année provenaient de la diaspora, que nous tenons d’ailleurs à remercier.
Combien de tenues avez-vous vendues pour la Fête nationale ?
Je n’ai pas les chiffres exacts, car, vous savez, nous avons également réalisé d’autres commandes en parallèle, notamment pour des vodiondry et des mariages. Notre chiffre d’affaires a, en tout cas, légèrement augmenté par rapport aux autres mois.
Avez-vous investi dans du nouveau matériel ou davantage de tissus juste pour l’occasion ?
Oui, nous avons investi davantage dans les tissus. Côté personnel, nous n’avons pas eu besoin d’embaucher davantage.
Qu’est-ce que cela fait de voir ses créations un peu partout à Mahamasina le 26 juin ?
Une grande fierté !
Selon vous, pourquoi est-il important de porter des tenues « vita Malagasy » lors de la fête nationale ?
Pour moi, porter des tenues traditionnelles ne devrait se limiter à la fête nationale : cela devrait faire partie de notre quotidien. Je pense aussi que cet engouement, durant la fête nationale, contribue à valoriser le savoir-faire malgache et à soutenir l’économie locale.
Qu’est-ce qu’il faut faire pour pousser les Malgaches à consommer local, selon vous ?
Les artisans et producteurs locaux devraient proposer des produits de qualité, d’abord. Il faut savoir que même si le prix est élevé, les clients achèteront toujours lorsqu’ils aiment vraiment un produit.
Dans votre vie de tous les jours, quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Le délestage et la rupture de stock de certains tissus, très appréciés, restent nos principales difficultés. Trouver des matières premières de qualité est, en revanche, plutôt facile.
Que faudrait-il pour mieux soutenir les stylistes et couturiers malgaches, donc ?
Il faudrait tout simplement acheter local.
Laquelle de vos créations vous a rendu la plus fière aujourd’hui ?
Je suis fière de presque toutes mes collections. La collection T’ANY reste toutefois mon coup de cœur à ce jour.
Propos recueillis par
Fenitra Rarivoson




