A Madagascar, la corruption nuit à l’économie toute entière. Le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ont signé un partenariat pour améliorer la gouvernance des secteurs fonciers et judiciaires
Madagascar, la corruption n’est plus seulement analysée comme un problème éthique ou politique, mais comme un frein structurel majeur à la croissance globale. En paralysant des secteurs névralgiques tels que la santé, l’administration publique, la justice et la gestion des ressources naturelles, elle asphyxie les forces productives du pays. Plus particulièrement, l’insécurité foncière et les défaillances judiciaires demeurent des facteurs hautement dissuasifs pour les investisseurs. C’est sur ces leviers microéconomiques que se concentrent les réformes actuelles, notamment à travers l’élaboration de la nouvelle Stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Piloté par le BIANCO et soutenu techniquement par des partenaires internationaux comme l’OIF, ce chantier institutionnel vise à moderniser l’état civil pour favoriser l’inclusion financière, tout en renforçant les compétences des acteurs clés de la justice commerciale, tels que les magistrats, les greffiers et les futurs notaires. L’enjeu est de garantir des titres de propriété incontestables et une sécurité des contrats pour poser les bases d’un climat des affaires compétitif. Pour l’heure, le constat des observateurs internationaux est encore sévère. Selon l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International, la Grande Île se classe au 148e rang sur 182 pays, avec une note critique de 25 sur 100.
Ce déficit chronique de gouvernance et l’impunité qui l’accompagne alimentent l’instabilité sociale, découragent l’initiative privée et restreignent les opportunités économiques. Face à cette situation, l’assainissement des institutions publiques devient le levier indispensable à toute stratégie de relance économique durable. Par ailleurs, la corruption représente un coût d’opportunité massif qui fausse la libre concurrence et pèse sur les finances publiques. Pour inverser cette tendance, la stratégie nationale intègre un volet de valorisation du capital humain à travers des programmes éducatifs ciblant la jeunesse et les futurs cadres de la fonction publique. Sur le plan macroéconomique, cette démarche s’apparente à un investissement direct dans la productivité future du pays.
En formant une nouvelle génération de managers et de fonctionnaires aux impératifs de transparence, l’État vise une meilleure allocation des ressources publiques, la réduction des gaspillages budgétaires et l’optimisation des processus de passation des marchés publics, ce qui est de nature à restaurer la confiance des marchés et des bailleurs de fonds.
En fin de compte, l’appui financier et technique des partenaires internationaux aux consultations sectorielles démontre que la bonne gouvernance est désormais perçue comme un accélérateur de croissance à part entière. En se dotant d’outils de régulation modernes, Madagascar s’efforce de rassurer les investisseurs et de stimuler l’activité. La trajectoire recherchée dessine ainsi un cercle vertueux où la sécurisation des institutions et la moralisation de la gestion publique permettent de libérer pleinement le potentiel économique de la Grande Île au profit d’une croissance inclusive.
Nambinina Jaozara




