Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, entend associer davantage les élus communaux à la dynamique de développement du pays. Lors de son déplacement à Evato (district de Farafangana), en fin de semaine, il a annoncé son intention de réunir à Antananarivo tous les maires de Madagascar.
«Nous discuterons à Antananarivo. L’objectif est de développer ensemble Madagascar », a déclaré le chef de l’Etat. Derrière cette annonce se dessine la volonté d’établir un dialogue direct avec les responsables des collectivités, premiers interlocuteurs de la population pour une grande partie des problèmes rencontrés au quotidien.
L’initiative renvoie surtout à la place que les communes peuvent occuper dans la Refondation. La législation malgache ne les réduit pas à un simple rôle d’exécution des décisions prises au niveau central. La Constitution les définit comme les collectivités territoriales décentralisées de base et leur confie une participation au développement économique, social, culturel et environnemental de leur territoire. La loi organique sur la décentralisation repose également sur le transfert de compétences et sur une plus grande implication des populations dans le développement local.
Dans cette perspective, les maires peuvent constituer des relais essentiels entre les orientations décidées au niveau national et les besoins exprimés sur le terrain. Routes, accès à l’eau, assainissement, infrastructures, services administratifs ou encore développement économique local… une grande partie des attentes de la population se manifeste d’abord à l’échelle des communes.
Par ailleurs, associer les maires au développement suppose que les collectivités disposent non seulement d’un espace pour faire entendre leurs préoccupations, mais également des capacités administratives, techniques et financières nécessaires pour exercer leurs compétences. La Constitution reconnaît d’ailleurs l’autonomie financière des collectivités territoriales décentralisées et prévoit différentes catégories de ressources à leur disposition.
Le rassemblement pourrait ainsi offrir aux élus locaux l’occasion de faire remonter directement leurs difficultés, leurs priorités et les contraintes auxquelles ils sont confrontés. La diversité des situations communales devrait placer au centre des échanges la question des moyens, mais aussi celle de la coordination entre l’Etat central et les collectivités.
Rakoto




