La question de l’organisation territoriale de Madagascar prend progressivement sa place dans les discussions sur la Refondation. Gen Z Madagasikara Ofisialy et l’Ivon’ny Fanavaozana ny Repoblika (IFR) entendent désormais pousser un peu plus loin le débat en faisant des « provinces autonomes » l’une des options à considérer dans la construction du futur système institutionnel du pays.
Les deux organisations ont défendu cette orientation samedi 22 août, à Ampefiloha, lors d’une rencontre organisée avec des habitants du premier arrondissement d’Antananarivo. Discussions de proximité, échanges et explications sur le fonctionnement envisagé des provinces autonomes étaient au programme. Une démarche qui devrait se poursuivre samedi 29 août dans le deuxième arrondissement.
Pour Gen Z Madagasikara Ofisialy et l’IFR, la Refondation ne devrait pas se limiter à un changement de dirigeants ou à une réforme partielle des institutions. Les deux organisations souhaitent que soit également posée la question de la répartition du pouvoir entre la capitale et les territoires.
Leur principal argument porte sur la centralisation. Elles considèrent que le fonctionnement actuel de l’Etat concentre une part excessive du pouvoir à Antananarivo et ne permet pas aux différentes parties du pays de tirer suffisamment profit de leurs ressources et de participer directement aux décisions concernant leur développement. Elles présentent ainsi les provinces autonomes comme une réponse possible à ces déséquilibres.
Organisation territoriale
Cette analyse relève toutefois de la position politique des deux organisations. L’affirmation selon laquelle l’Etat unitaire serait à lui seul responsable de l’appauvrissement du pays nécessiterait des données économiques, institutionnelles et territoriales plus larges pour être établie.
Gen Z Madagasikara Ofisialy et l’IFR veulent également peser sur le calendrier de la Refondation. Ils demandent que le futur cadre constitutionnel soit soumis au vote avant l’organisation des autres élections. Autrement dit, définir d’abord les nouvelles règles institutionnelles, puis organiser les scrutins dans le cadre qui en résultera.
Cette revendication intervient alors que la forme du futur Etat est déjà devenue l’un des sujets sensibles du processus de Refondation. Lors de la Concertation nationale des jeunes organisée fin juillet, des participants avaient notamment plaidé pour un modèle fédéral, en mettant eux aussi en cause la concentration des décisions dans la capitale. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, avait alors indiqué que la population devrait être appelée à trancher la question par le vote.
Le Programme de la Refondation va d’ailleurs dans le sens d’une étape constitutionnelle préalable. Son chronogramme prévoit, après les concertations et l’élaboration d’un projet de Constitution pour la Ve République, une « élection constitutionnelle », avec la préparation d’un référendum, avant l’élection présidentielle. Un premier scrutin est actuellement envisagé en 2027, même si le calendrier définitif reste susceptible d’évoluer.
Dans ce contexte, Gen Z Madagasikara Ofisialy et l’IFR cherchent donc moins à ouvrir un débat entièrement nouveau qu’à installer leur propre proposition dans une discussion déjà engagée. Entre Etat unitaire décentralisé, fédéralisme et désormais provinces autonomes défendues sur le terrain, la future organisation territoriale pourrait devenir l’un des dossiers les plus disputés de la Refondation.
En multipliant les rencontres dans les arrondissements, les deux organisations tentent désormais de faire sortir cette question des cercles institutionnels pour la porter directement auprès de la population.
Rakoto




