Une véritable galère

Bien que le parc automobile de Madagascar se rajeunisse, surtout avec l’arrivée massive, au cours de ces dernières années, de voitures de marques japonaises et coréennes, on ne manquera pas de remarquer que les anciens modèles ne manquent pas à l’appel et roulent encore, tant bien que mal.
Parmi ceux-ci, on trouve notamment des marques françaises telles que Renault, Peugeot et Citroën, mais aussi des marques allemandes (Mercedes-Benz, BMW, etc.). Beaucoup de ces véhicules ont été mis en circulation il y a plus d’une quarantaine d’années, voire davantage.
Si on vivait dans un de ces pays dits développés, ces véhicules se trouveraient exposés dans un musée où ils trôneraient dignement après des décennies de bons et loyaux services rendus. Cela leur permettrait d’éviter la casse. Mais la réalité est toute autre à Madagascar.
Avec le fameux système « D » malgache et l’ingéniosité des mécanos locaux, ces témoins de l’histoire du pays continuent de sillonner les routes malgaches, avec plus ou moins de mésaventures. En effet, avec leur âge canonique et comme pour toute mécanique fabriquée par l’homme, il arrive quand même que ces voitures tombent en panne.
Et c’est le début de toute une histoire pour pouvoir les remettre en marche. Cela est inévitable dans la mesure où ces véhicules sont d’un certain âge. Et le temps ne leur fait pas de cadeau. La plus grande difficulté réside alors dans l’accès aux pièces détachées lorsqu’une panne survient.
Comme ce sont d’anciens modèles, il devient de plus en plus difficile de trouver ces pièces détachées. Même les usines qui les ont fabriquées initialement, si elles existent encore, n’en produisent plus. C’est la triste réalité à laquelle il faut faire face. Dans ces conditions, il faut savoir se débrouiller.
La première chose à faire est de chercher les personnes qui ont les mêmes modèles de véhicules ou, tout au moins, celles qui en ont possédé. En effet, il se peut que ces dernières aient encore en réserve des pièces qui ne leur servent plus à rien. Le cas échéant, c’est une manne directement tombée du ciel.
Autrement, il faut établir de bonnes relations avec les autres personnes qui ont le même modèle. Il se peut qu’elles possèdent une ou plusieurs pièces en surplus qui peuvent toujours servir. Dans tous les cas, on peut toujours procéder à des échanges.
L’objectif est de s’entraider dans les moments difficiles. Quoi qu’il en soit, beaucoup de personnes préfèrent de loin entretenir un ancien modèle de véhicule plutôt que de s’offrir un modèle récent. C’est un véritable choix car, parfois, il est difficile de se séparer d’un bien que l’on possède depuis des dizaines d’années.
Bien évidemment, il y a ceux qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des modèles récents. Ils sont alors obligés de se contenter de leurs vieux serviteurs, même si, bien souvent, les maintenir en état de marche devient une véritable galère.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: