C’est un recul inquiétant. La participation des citoyens au processus budgétaire a fortement baissé. De 9 sur 100 en 2023, la note de Madagascar est passée à 4 sur 100 en 2025, selon les résultats d’enquête sur le budget ouvert (EBO) menée par MSis (Multi-Sector Information Service) Tatao, présentée hier à Anosy.
Que ce soit en matière de transparence budgétaire, de participation du public et de contrôle budgétaire, Madagascar obtient des notes insuffisantes, selon les résultats d’enquête sur le budget ouvert (EBO) 2025, réalisée par MSIS Tatao, coordonnée par l’International Budget Partnership (IBP), avec l’appui de d’Unicef et l’Union européenne.
D’abord, force est constater une baisse de participation du public au processus budgétaire en 2025, avec une notre de 4/100, alors qu’en 2023, Madagascar a obtenu 9 sur 100. C’est la pire note en Afrique de l’Est et australe. Le Kenya obtient 44/100, tandis que l’Afrique du Sud et la Zambie ont reçu chacun 28/100. Le Mozambique suit avec 19/100, puis la Tanzanie avec 13/100.
“La participation citoyenne devrait intervenir à chaque étape du budget”, alerte Manda Ravelonjato, technicien à MSis Tatao. “Dès la conception, il faut écouter la voix des citoyens à travers la société civile, que ce soit dans les domaines social, éducatifs ou de la santé, et les partenaires techniques”, ajoute-t-elle.
Par contre, la transparence budgétaire progresse légèrement. Elle a obtenu 44/100, contre 39/100 par rapport à 2023. Toutefois, le pays reste dans la catégorie « insuffisant », synonyme de « disponibilité minimale et limitée des informations ». Pour en sortir, il faudra au moins obtenir une note 61/100.
Malgré cette avancée, le contrôle budgétaire reste aussi insuffisant. Le Parlement obtient 17/100, contre 22/100 en 2023 qui a retrouvé le niveau de 2019 et de 2017. Selon l’enquête, les députés débattent trop peu avant l’adoption du budget. De plus, les contrôles a posteriori restent limités. L’évaluation des politiques publiques accuse aussi des lacunes.
Selon le président de la Cour des Comptes, Jean de Dieu Rakotondramihamina, sa publication accuse toujours de retard. Cette situation doit encore être corrigée afin de renforcer la transparence et la responsabilisation dans la gestion des deniers publics.
De son côté, la Cour des comptes décroche la note de 36/100, qui stagne depuis trois enquêtes consécutives, en 2021, 2023 et 2025. Au final, selon MSIS Tatao, les deux institutions exercent ensemble un contrôle « faible », avec un score composite de 30/100.
A noter que cette évaluation ne prend pas en compte les travaux de 2026, ainsi que le rapport 2025 de la Cour des comptes, publié cette année. Elles ne tiennent pas compte non plus, les ajustements apportés par les députés, dans la Loi de finances 2027, lors de la dernière session ordinaire.
Arh.





