Même si la transparence budgétaire progresse à Madagascar, avec une note de 44/100 en 2025 contre 39/100 en 2023, selon les résultats d’enquête sur le budget ouvert (Ebo) menée par MSis (Multi-Sector Information Service) Tatao, c’est insuffisant et au-dessus de la moyenne. Pour renverser une telle tendance négative, le ministère de l’Economie et des finances (Mef), travaille désormais de concert avec le mouvement Rohy.
Une volonté commune manifeste. Iouri Garisse Razafindrakoto, secrétaire général du Mef, et Harindranto Rakotomalala, président du mouvement Rohy ont signé, hier à Antaninarenina, un partenariat visant à renforcer les échanges d’informations, la concertation et l’implication de la société civile dans le suivi de l’utilisation de l’argent public.
A travers cette coopération, le ministère et la plateforme de l’organisation de la société civile rompent avec l’opacité des processus administratifs et instaurent une réforme de la gestion des ressources publiques, davantage soumise au contrôle des citoyens. L’objectif est de renforcer la redevabilité des institutions publics et de mieux prendre en compte les attentes de la population dans la gestion des finances de l’Etat.
Depuis plusieurs années, les exigences de transparence budgétaire et de responsabilité des gestionnaires publics occupent une place importante dans le débat sur la gouvernance. La participation de la société civile pourrait ainsi contribuer au renforcement du suivi des dépenses en facilitant l’accès aux informations budgétaires et le dialogue avec l’administration.
Regard critique
Toutefois, pour obtenir les résultats escomptés, il est nécessaire de la mise en place les mécanismes qui permettront à la société civile d’accéder aux données détaillées sur l’exécution budgétaire. La société civile doit en effet disposer de moyens pour signaler les anomalies et obtenir des réponses de l’administration.
La publication régulière des données financières, la traçabilité des dépenses et la prise en compte des observations citoyennes, constitueront autant d’indicateurs permettant d’en apprécier les résultats. Par ailleurs, si la coopération avec les institutions vise à faciliter l’accès à l’information, elle devra préserver la liberté du Rohy d’exercer un regard critique sur la gestion publique.
Pour rappel, cette démarche fait partie des initiatives gouvernementales en matière de gouvernance financière. En effet, le Mef a engagé des consultations avec la société civile dans le cadre de la préparation de la loi de finances 2027, sans oublier l’organisation de la journée nationale consacrée à la transparence budgétaire, le 6 octobre. Le parternariat avec Rohy s’inscrit dans cette dynamique d’ouverture de l’administration.
Tivo Rasam





