« Pas de favoritisme, pas de passe-droit pour quiconque » dans la lutte contre la corruption au sein des administrations. Ces propos sans détour du Premier ministre sonnent comme un rappel à l’ordre et une mise en garde à l’encontre des agents de l’Etat à tous les niveaux. De plus que s’attaquer à la racine du problème fait partie des promesses faites aux citoyens. Et en matière de lutte contre la corruption, Madagascar ne manque pas de discours alors que les résultats se font attendre.
Le chef du gouvernement veut désormais sanctionner les manquements, fini les avertissements. Les responsables qui ferment les yeux sur les irrégularités sont invités à prendre leurs responsabilités, voire à quitter leurs fonctions s’ils n’ont pas le courage d’agir. Le message est donc direct. La lutte contre la corruption ne devrait pas s’arrêter à la porte des bureaux, ni épargner ceux ayant les bras longs.
Sur le papier, c’est encourageant. Mais dans la pratique, c’est une toute une autre histoire. Car le favoritisme ne se limite pas aux grosses affaires qui font la une des journaux. Il s’incarne aussi à travers les gestes les plus ordinaires de la vie administrative.
Le Premier ministre entend également mieux répartir les responsabilités. Il appartient aux structures internes des ministères de traiter les irrégularités courantes, tandis que les organismes spécialisés devraient concentrer leurs efforts sur les affaires majeures et la corruption de haut niveau. Et tout cela à condition que les contrôles internes ne deviennent pas des mécanismes pour couvrir les délits commis par les collègues.
Cela dit, il faut aussi faire preuve de vigilance dans la gestion des biens publics. L’argent, les équipements et les moyens de l’État ne sont pas la propriété de ceux qui les administrent. Ils appartiennent à la collectivité et doivent servir l’intérêt général.
Au fond, la lutte contre la corruption ne se gagnera pas seulement à coups de menaces ou de grands discours. Elle se mesurera à des actes vérifiables, à des règles appliquées avec équité et à la capacité de sanctionner les fautes, quel que soit le nom inscrit sur le dossier.
Le Premier ministre a fixé le cap. Reste maintenant à transformer la déclaration en méthode, puis la méthode en résultats.
Rakoto





