Un an déjà. Le temps passe plus vite qu’on ne le réalise. Les discours ont changé, les visages aussi, mais une chose demeure, les attentes de la population restent à satisfaire. Elles étaient nombreuses hier, elles le sont toujours aujourd’hui. Et c’est tout à fait normal. Lorsqu’un pays traverse une période de rupture politique, chacun espère un changement perceptible dans la vie quotidienne.
Un an après, il serait pourtant difficile de résumer la situation à une simple équation entre promesses et résultats. Le pays a connu des moments mouvementés, des réformes annoncées, des décisions prises dans l’urgence et, surtout, une volonté affichée de remettre certaines institutions et certains secteurs sur les rails.
Tout ne pouvait évidemment pas être réglé en quelques mois. Mais un an constitue tout de même une étape. Suffisamment longue pour regarder dans le rétroviseur, et suffisamment courte pour ne pas tirer de conclusions définitives. La question n’est donc pas de savoir si tout a changé. Elle est plutôt de savoir ce qui a réellement changé.
Dans les rues, le citoyen ordinaire ne raisonne pas toujours en termes de réformes ou de grands équilibres politiques. Il regarde sa facture d’électricité, attend que l’eau du robinet coule, cherche un emploi, accompagne ses enfants à l’école. C’est souvent à cette échelle que la confiance se mesure . Les autorités ont engagé plusieurs chantiers. Certains demandent du temps, d’autres nécessitent des moyens considérables. La situation de la Jirama, les finances publiques, l’administration, l’éducation ou encore la préparation des prochaines échéances électorales ne peuvent pas être réglées d’un coup de baguette magique. Mais le temps politique, lui, avance vite.
Un an après, les attentes restent donc fortes. La génération qui avait porté une grande partie de la contestation, entend naturellement voir des réponses à ses préoccupations. Elle ne demande pas forcément des miracles. Elle veut surtout constater que les choses avancent et que les efforts consentis aujourd’hui préparent réellement un lendemain différent. C’est là que le prochain chapitre sera intéressant. Le régime dispose encore de temps pour poursuivre ses chantiers. Mais ce temps doit aussi être mis à profit pour expliquer, rendre compte et associer davantage la population aux grandes décisions.
Un an après, il ne s’agit donc ni de distribuer les bons points ni de dresser un procès-verbal. Il s’agit simplement de regarder le chemin parcouru, de reconnaître les avancées lorsqu’elles existent, sans oublier le temps des questions.
Rakoto





