Mercredi des idées en goguette: Drames à répétition

Il y a des nouvelles que l’on aurait préféré ne pas lire. Ces derniers jours, les drames se succèdent et les chiffres s’accumulent : des vies fauchées sur les routes, des blessés transportés en urgence à l’hôpital, des familles plongées dans le deuil. Derrière chaque bilan, il y a des visages, des projets interrompus et des proches qui attendaient simplement le retour de ceux qui ne rentreront plus.
À Moramanga, un taxi-brousse reliant Toamasina à Mahajan­ga a été impliqué dans un accident meurtrier. À Ankilizato, sur la RN35, un véhicule de l’armée s’est renversé, faisant également des victimes. À ces drames s’ajoutent les décès et les blessés qui endeuil­lent la communauté sa­nitaire. Les circonstances diffèrent, mais la douleur, elle, ne fait aucune distinction.
La route serait-elle devenue un terrain où l’on joue quotidiennement avec le destin ? La question mérite d’être posée, sans céder à la dramatisation. Car si chaque accident possède ses propres causes, leur répétition rappelle une évidence, à savoir la sécurité ne peut pas être une simple affaire de chance.
On parle souvent de vitesse, d’état des véhicules, de fatigue des conducteurs ou encore de l’état des infrastructures. Ces facteurs comp­tent, bien entendu. Mais il serait trop facile de réduire chaque dra­me à une seule explication. Une enquête sérieuse doit permettre d’établir les responsabilités, sans accusation hâtive ni conclusion précipitée. Un accident impliquant un transport collectif n’a pas nécessairement les mêmes causes qu’un renversement de véhicule militaire. Le point commun reste toutefois l’urgence de mieux prévenir.
La prévention, justement, ne devrait pas se limiter aux campagnes de sensibilisation organisées après les catastrophes. Vérifier les vé­hicules avant le départ, respecter les capacités
de transport, adapter la vitesse aux conditions de circulation et veiller au repos des conducteurs sont autant de gestes qui peuvent sauver des vies. Du côté des pouvoirs publics, l’entretien des routes, les contrôles techniques et l’application effective des règles doivent suivre le même rythme que les discours.
Au fond, la sécurité routière n’est ni une af­faire de slogans ni une responsabilité réservée aux seuls conducteurs. Elle concerne les trans­por­teurs, les autorités, les forces de sécurité, les services de santé et cha­que usager de la route.
Sur la route, arriver quelques minutes plus tard vaut toujours mieux que ne jamais arriver.
Ce n’est pas une grande révolution, simplement une règle de bon sens. Et, ces derniers temps, le bon sens mérite plus que jamais de reprendre le volant.

Rakoto

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