Le coup de colère du Colonel

La colère présidentielle. Hier, à l’aéroport international d’Ivato, le colonel Michaël Randrianirina a décidé sur place, l’affectation disciplinaire immédiate d’agents mis en cause dans les dysfonctionnements des contrôles aéroportuaires. Une grande première…
Le chef de l’Etat n’en est pourtant pas à son premier coup de colère. En septembre, la saisie de près de six kilos d’or, qui avaient réussi à franchir les contrôles jusqu’à être embarqués dans un avion, avait provoqué son indignation. Il avait alors dénoncé l’existence de réseaux organisés, bénéficiant de complicités au sein même de l’aéroport. Plus d’un mois après, les pratiques persistent. La nouvelle saisie d’hier vient rappeler l’ampleur des failles dans un dispositif censé protéger les richesses nationales.
Cette fois, le colonel a sévi. Il a ordonné les affectations disciplinaires des agents qui ont failli à leur mission, malgré les avertissements, les mises en gardes et les instructions présidentielles. Ce geste fort intervient à un moment où la Refon­dation entre dans sa deuxième année et où les attentes de résultats deviennent plus pressantes. Après les discours sur le changement, les dénonciations de la corruption et les promesses d’assainissement, l’heure est désormais à l’action et aux sanctions. A Ivato, le président a montré que la sanction pouvait être aussi immédiate que le constat des dysfonctionnements.
Mais cette fermeté soulève également une interrogation. Pourquoi faut-il attendre la descente du chef de l’Etat pour que de telles décisions soient prises ? Les responsables administratifs et les organes de contrôle disposent normalement des moyens nécessaires pour identifier les manquements et engager les procédures disciplinaires. Leur incapacité éventuelle à agir sans impulsion présidentielle constituerait, en elle-même, un dysfonctionnement supplémentaire.
En tout cas, si la colère du président peut faire tomber les sanctions, le couperet pourraient aussi tomber pour certains ministres. Sous cet angle, le remaniement semble inéluctable.

Tivo Rasam

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