Capture de l’Etat: le PM appelle à placer l’intérêt national par dessus tout

La bonne gouvernance et la lutte contre la capture de l’Etat ont été au centre d’une rencontre entre les autorités malgaches et une délégation d’experts britanniques, à Iavoloha, ce samedi 31 octobre. Les discussions ont porté sur l’influence des intérêts privés dans les décisions publiques et la nécessité de renforcer la transparence des institutions.

La rencontre a été présidée par le Premier mi­nistre, Mamitiana Ra­­jao­narison, et par le Haut conseiller, le colonel Solo­foniaina Thierry Rampana­rivo, représentant le président de la Refondation, le colonel Michaël Randria­nirina.

L’intérêt national avant tout
Dans son intervention, le Premier ministre a rappelé que le patriotisme devait primer sur les intérêts personnels. « Le vrai patriotisme, c’est de mettre l’intérêt de la Nation au premier plan, avant les intérêts personnels. Chacun doit donc savoir renoncer ou faire des concessions sur ses intérêts personnels lorsque l’intérêt de l’Etat doit être privilégié », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué les raisons de sa nomination à la tête du Gouvernement. «Par­mi les raisons principales pour lesquelles le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, m’a choisi pour diriger le Gouver­nement, il y a ma droiture et mon courage, notamment dans la lutte contre la corruption », a-t-il affirmé. Il a appelé les responsables à rompre avec les anciennes pratiques et à changer les mentalités.

La capture de l’Etat, un
danger pour le pays
Le colonel Solofoniaina Thierry Rampanarivo a expliqué que la capture de l’Etat se produit lorsque des individus ou des groupes privés influ­encent les décisions publi­ques, les lois et les politiques nationales pour servir leurs propres intérêts. « C’est un problème majeur qui doit encore être étudié et suivi de près, à savoir ce qu’on appelle la cap­ture de l’État », a-t-il souligné.
Selon lui, ce phénomène dépasse la corruption classique. Il peut également se tra­duire par une influence sur l’élaboration ou la modification des lois afin de les adapter à des intérêts particuliers. « Cela peut se produire progressivement et discrètement derrière des procédures apparemment conformes à la loi, tout en portant atteinte à l’indépendance des institutions et à leur capacité à remplir leurs missions », a-t-il averti.
Pour Madagascar, les con­sé­quences peuvent être im­portantes : mauvaise ges­tion des richesses nationales, baisse des recettes publi­ques, concu­rrence déloyale et con­centration des avantages économiques entre les mains de quelques personnes.
« La lutte contre la capture de l’Etat n’est pas seulement une question de gestion et de respect de la loi, mais elle touche directement la souveraineté nationale », a-t-il insisté. Les décisions publiques doivent ainsi servir l’ensemble de la Nation et non un groupe restreint.
Des réformes adaptées aux réalités malgaches
Concernant la coopération avec les experts britanniques, le conseiller spécial a précisé que Madagascar ne devait pas simplement copier les méthodes étrangères, mais s’inspirer des expériences utiles pour élaborer des solutions adaptées à ses réalités politiques, économiques et sociales. Le choix des priorités et la conduite des réformes doivent rester sous la responsabilité de l’Etat malgache. Enfin, il a appelé les res­ponsables publics à agir con­crè­tement pour prévenir la capture de l’Etat. « Il ne suffit pas de constater et de condamner l’existence de la capture de l’Etat, il faut prendre des mesures strictes et durables pour la prévenir », a-t-il déclaré.
Il a plaidé pour davantage de transparence, de justice et de responsabilité dans la gestion des affaires publiques. « Un Etat fort ne se mesure pas seulement à la force du pouvoir qu’il détient, mais surtout à la justice, à la droiture et à sa capacité à servir le Peuple sans discrimination », a-t-il conclu.

N.A

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