N’est pas artiste qui le veut

Cette année, dans la capitale, pendant le lundi de Pâques, les principaux sites d’animation (stade des Ba­rea, Bevalala, Club nau­­tique d’Ivato, Coli­seum…) ont été pris d’assaut par les personnes en mal de spectacle. Il est d’une évidence incontestable qu’un seul site n’aurait pu accueillir tout ce monde, si bien qu’il
a fallu organiser plusieurs spectacles dans des lieux différents.

Comme tout le mon­­de voulait voir l’artiste qu’il aimait, les organisateurs se devaient de trouver une astuce pour satisfaire cette demande. Pour cette raison, de nombreux artistes étaient prog­rammés en même temps sur ces sites diamétralement opposés, géographiquement parlant.

Jusqu’à ce jour, com­me personne ne peut en­core prétendre avoir le don de l’ubiquité, afin de remplir leur contrat, ces artistes devaient donc se déplacer d’un site à un autre, avec toutes les difficultés que cela sous-entend. Toutes les routes ont été plus ou moins bouchées ce jour-là.

Quoi qu’il en soit, ces artistes ont vraiment eu de la chance car dans la même journée, ils perçoivent quatre cachets juste pour deux ou trois chansons triées sur le volet laissant leurs fans respectifs sur leur faim. En effet, ils n’ont pas eu besoin d’interpréter tout leur répertoire.

En fin de compte, mê­me un artiste ayant un répertoire très limité peut s’en sortir avec brio. Il n’a qu’à chanter trois ou quatre morceaux et le tour
est gagné. Heureu­sement que beaucoup d’artistes se sont produits sur la même scène si bien que le public ne s’est pas tellement senti floué.

Généralement, dans ce type de représentation, les « stars » ne font qu’un passage éclair. Ce sont les « seconds couteaux », les stars en de­venir, qui occupent la scène pour une grande partie du spectacle. Les vraies stars ne font
qu’une brève apparition. Mais pourtant, ce sont elles qui touchent gros.
C’est déjà une chance pour les stars en herbe de pouvoir se produire en public. Autrement dit, tout le monde est con­tent, sauf bien évidemment le public qui en veut toujours plus pour son ar­gent. Ce qui est tout à fait normal car il est venu payer pour voir son ou ses artistes préférés.

On peut bien dire que certains artistes ont profité de cette occasion pour se refaire et rattraper le manque à gagner pendant la dernière présidentielle du fait que certains candidats n’ont pas fait de propagande. Certains con­trats ont été purement et simplement annulés.

Comme on peut le voir, certains artistes ont vraiment une chance énorme quand ils sont déjà célèbres. Ce sont les organisateurs de spectacle qui les implorent pour qu’ils daignent venir chanter juste quelques-unes de leurs chansons. Seulement, n’est pas artiste qui le veut.

Aimé Andrianina

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