Alice N’diaye : décryptage des décisions de la Sadc

La position adoptée par les chefs d’État et de Gouvernement de la Sadc, à l’issue d’un sommet extraordinaire virtuel, continue à faire couler beaucoup d’encre. Alice N’Diaye, la ministre des Affaires étrangères, revient sur les points saillants de cette rencontre. Interview.

*Les nouvelles : Les décisions prises lors du sommet extraordinaire virtuel des chefs d’État et de Gouver­nement de la Sadc, ont suscité de vives réactions au sein du public et dans la sphère politique. Quel est votre point de vue à ce sujet ?
-Alice N’diaye : Tout d’abord, j’aimerais préciser que le président de la Re­fondation, le Col Randri­anirina Michael, a participé à ce Sommet extraordinaire, à l’issue duquel, les chefs d’Etat et du Gouvernement de la Sadc, ont réaffirmé leur soutien au processus de Refon­dation engagé par Mada­gascar. Et les décisions prises témoignent d’une volonté véritable d’accompagner Madagascar dans ses efforts de réforme en profondeur tant sur le plan politique que technique.

* Donc, les décisions de la Sadc ne devraient pas faire l’objet de controverse…
-Ces décisions illustrent comment la perception et la projection de la situation politique à Madagascar, ont changé au niveau de la Sadc, privilégiant désormais l’écoute, le dialogue, l’accompagnement et la mise en place des mécanismes régionaux de résolution des crises, dans un contexte différent de celui de 2009, tout en respectant les principes de la Commu­nauté, à savoir : la « Soli­darité, la paix et la sécurité » qui implique un engagement ferme en matière d’assistance mutuelle aux Etats membres et de la préservation de la stabilité régionale.

*Quel sera le rôle du bureau de liaison de la Sadc à Antananarivo, l’un des points abordés lors du sommet ?
-Ce bureau a pour mission d’assurer un accompagnement opérationnel de proximité dans la mise en œuvre du Programme de Refondation. Il fournira un appui technique, facilitera la coordination avec les différents acteurs concernés et contribuera au suivi des actions prévues tout en respectant la souveraineté du processus.

*Et par rapport aux attentes de la Sadc.
-Il convient de souligner que la Sadc a adopté une nouvelle approche : favoriser un processus véritablement national, pensé par les Malgaches, conduit par les Malgaches et pour les Malgaches. C’est dans cet esprit qu’elle a accueilli favorablement le Programme de refondation présenté par Madagascar, et qu’elle a décidé d’apporter son appui à cette refondation de la Nation malgache.

*C’est-à-dire…
-La Sadc encourage Madagascar à poursuivre le processus de refondation inclusive avec l’ensemble des parties prenantes, dans le respect du calendrier annoncé. Et le gouvernement malgache a déjà adopté ces points.   La mise en œuvre de la concertation nationale est en cours, avec le FFKM. Aucune entité ne sera mise de côté. Ces principes essentiels garantissant la réussite du processus.
*Et concernant les « prisonniers politiques »…
-En tant qu’organe décisionnel suprême, le Sommet extraordinaire de la Sadc se doit de refléter les valeurs fondamentales de l’Orga­nisation. Dans ce contexte, une attention particulière doit être accordée au respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, ce qui implique notamment la promotion des libertés civiles. À cet égard, le Gouvernement a réitéré avec fermeté son engagement envers l’État de droit et l’indépendance de la justice.

Les différentes missions effectuées par la Sadc à Madagascar, ont retenu que les personnes détenues ont été condamnées pour des infractions de droit commun et non pour des motifs politiques. J’aimerais préciser que cette question a été évoquée dans les rapports de ces trois missions.

Propos recueillis
par Rakoto

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