Refonte de la liste électorale: la Ceni remet les Fokontany au cœur du processus

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) engage un changement majeur dans la préparation des prochaines échéances électorales. A l’occasion de la première réunion de l’espace de dialogue réunissant les acteurs du processus électoral, hier à Alarobia, elle a dévoilé les nouvelles modalités de la refonte générale de la liste électorale, marquées par le retour du recensement au niveau des Fokontany.

Cette réforme rompt avec les pratiques avec les précédents scrutins. L’ancienne liste électorale n’étant plus valable, la Ceni va entamer l’élaboration d’une nouvelle base de données afin d’améliorer la fiabilité du registre électoral. Pour y parvenir, elle mise sur une approche de proximité en confiant un rôle central aux Commis­sions locales de recensement électoral (CLRE), qui seront créées dans chaque Fokontany. La désignation des membres devra être finalisée avant le 15 juillet, tandis que les opérations de recensement débuteront le 28 juillet.
Les CLRE auront pour mission de mener un recensement porte-à-porte, afin d’identifier les citoyens remplissant les conditions d’inscription sur la liste électorale. La réforme prévoit également plusieurs solutions pour atteindre les électeurs qui n’auraient pas été recensés à domicile. Des opérations d’inscription seront organisées dans les « Ambo­hipihaonana », des points de rassemblement aménagés dans les zones de forte affluence. Les citoyens pourront, en outre, effectuer leur inscription en ligne ou lors de leur première demande de carte nationale d’identité.

Concertation et transparence

La Ceni entend également renforcer la transparence. Les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile pourront intégrer les CLRE, sous réserve d’une déclaration officielle, et aucune liste électorale ne pourra être validée sans l’approbation de cette commission locale. Ce dispositif vise à instaurer un contrôle partagé entre les différents acteurs du processus électoral et à limiter les contestations.
Avant le lancement du recensement, les sessions de formation des intervenants chargés de la refonte générale de la liste électorale, débuteront dès le 7 juillet dans la région Analamanga. Une fois les opérations achevées, une liste électorale provisoire sera publiée afin de permettre aux citoyens de vérifier leurs informations et de signaler d’éventuelles er­reurs avant l’établissement de la liste définitive.
En recentrant le recensement au niveau des Fokon­tany et en associant davantage les acteurs locaux au contrôle des opérations, la Ceni entend rapprocher l’administration électorale des citoyens tout en renforçant la crédibilité de la future liste électorale, considérée comme l’un des fondements de la confiance dans les prochaines élections.
Concernant l’Espace de dialogue permanent, elle réunit partis politiques, or­ganisations de la société civile, médias, institutions publiques et ministères con­cernés, en vue d’une concertation continue sur les réformes électorales et le suivi des opérations en cours. Selon le président de la Ceni, Thierry Rakoto­narivo, ce mécanisme doit permettre d’accompagner toutes les étapes du processus électoral dans un esprit de concertation et de transparence.

Tivo Rasam

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