Refondation: l’ONU et l’UA réclament un plan clair

Après plusieurs reports successifs des concertations nationales qui n’étaient pas prévus dans la feuille de route initiale pour la sortie de crise, transmise aux représentants de la Sadc au mois de mars, les instances internationales sont actuellement dans l’expectative, en l’occurrence l’organisation des Nations unies (ONU) et l’Union africaine (UA).

«Afin de soutenir les efforts nationaux visant à promouvoir un processus politique inclusif, crédible et porteur de confiance au service d’un retour durable à l’ordre constitutionnel », selon le communiqué de presse reçu, l’ONU et l’UA ont dépêché une mission conjointe dans le pays du 13 au 18 juillet, au cours de laquelle les membres de la délégation ont mené une série de consultations auprès des parties prenantes, pour « recueillir leurs perspectives sur la situation actuelle du pays, identifier les facteurs de confiance et les préoccupations majeures, ainsi qu’examiner les conditions susceptibles de favoriser un processus politique inclusif et crédible, en appui à la mise en œuvre du plan d’action de la Refondation ».
Et lors de sa rencontre avec la ministre en charge de la Refondation, Me Hanitra Razafimanantsoa, cette mission conjointe de l’Union africaine et des Nations unies, conduite par Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine, a insisté sur la nécessité de définir un calendrier politique clair et transparent.
Dans ce sens, l’ONU et l’UA ont appelé à davantage de clarté concernant le processus de concertation nationale sur la refondation menant à l’organisation des prochaines échéances électorales à Madagascar, après de multiples reports.
Pour rappel, le lancement officiel de la concertation nationale, est prévu débuter en mai, puis reporté au mois de juin, avant d’être repoussé au cours de ce mois de juillet. Mais pour l’heure, le nouveau rendez-vous est en attente de la validation du programme élaboré par le FFKM.
47 documents
Ces reports successifs nourrissent des interrogations. Cela montre que plusieurs éléments politiques, méthodologiques et logistiques ne semblent pas encore définitivement arrêtés. Le gouvernement devra désormais préciser les dates de chaque consultation, la durée des débats, les mécanismes de représentation et les étapes de validation des décisions. Il devra également expliquer comment les conclusions des concertations seront intégrées aux projets de réformes institutionnelles et constitutionnelles.
Dans ce contexte d’attentes, Me Hanitra Razafimanantsoa a assuré que son département n’attend plus que le début de la concertation nationale car 47 documents de travail ont déjà été élaborés, sans donner plus de détails, permettant de mieux comprendre les orientations envisagées par le ministère et d’évaluer le niveau réel de préparation du processus.
Les autorités annoncent également un appui technique, matériel et financier au FFKM pour l’organisation des consultations et des Assises nationales. Le ministère affirme vouloir garantir la participation de toutes les parties prenantes.
La mission conjointe ONU-UA ne se limite pas à examiner l’organisation des Assises nationales. Elle cherche à évaluer les conditions permettant un retour durable à l’ordre constitutionnel.
Jusqu’au 20 juillet, cette mission conjointe prévoit des échanges avec les autorités, les institutions de la Refondation, les responsables politiques, les anciens chefs d’État, les représentants de la société civile, les organisations de femmes et de jeunes, les mouvements citoyens, les responsables religieux et le secteur privé.

Tivo Rasam

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