Us et coutumes: la pratique du « Famadihana » en net recul

La pratique du « Famadihana » (retournement des morts) enregistre une baisse significative cette saison par rapport à la même période en 2025. C’est le constat dressé par plusieurs maires des districts d’Atsimondrano et d’Avaradrano, alors que la période consacrée à ce rite traditionnel, s’étalant de juillet à septembre, bat son plein sur les Hautes Terres.

Selon les données recueillies auprès des municipalités, l’Atsimondrano n’a enregistré que 103 demandes d’autorisation depuis juillet, contre 143 l’année dernière à la même époque. Même tendance dans l’Avaradrano, avec 134 demandes contre 154 en 2025. Cette baisse impacte directement sur les finances communales, notamment en milieu rural, où les taxes perçues sur ces cérémonies constituent une ressource non négligeable. Les tarifs varient de 30.000 ariary pour un rituel d’une journée au cimetière jusqu’à 100.000 ariary, voire le double, pour les célébrations d’au moins trois jours comprenant « Vary be menaka » et « Hira gasy ».

Des dépenses réduites
Face à la cherté de la vie et au coût élevé des festivités, de nombreuses familles se voient contraintes de réduire leurs dépenses. Traditionnellement étalée sur trois jours ou plus, la cérémonie est désormais souvent condensée sur une seule journée. La distribution des faire-part est restreinte à un nombre limité d’invités et la prestation des troupes d’« Hira gasy » lors de la dernière journée est fréquemment supprimée.
Cette crise économique altère le sens même du « Fama­dihana », historiquement conçu comme un grand rassemblement familial. Certains organisateurs vont jusqu’à exclure de la fête les membres de la famille n’ayant pas contribué aux frais. Par ailleurs, selon les marchands de linceuls, les acheteurs délaissent de plus en plus les « Lambamena » de haute qualité au profit de tissus plus abordables.

Sera R.

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