Autorité publique

Une capitale n’est jamais une ville comme les autres. La manière dont Antananarivo est administrée reflète aussi la capacité de la puissance publique à organiser, décider et surtout faire respecter ses décisions. Des citoyens réclament une application plus stricte de la loi, pour améliorer l’organisation de la capitale. Derrière la question de la propreté et de l’ordre urbain se pose aussi celle de l’autorité publique.
Une règle qui existe mais qui n’est pas appliquée, perd progressivement sa force. Une interdiction constamment contournée devient presque théorique. Et lorsque chacun finit par croire qu’il peut négocier, ignorer ou contourner la règle, l’autorité perd de sa crédibilité.
Le problème ne saurait toutefois être résumé à un simple appel à la fermeté. Administrer une capitale ne consiste pas uniquement à interdire, verbaliser ou évacuer. Derrière certaines formes de désordre urbain se trouvent également des réalités économiques et sociales : insuffisance d’infrastructures, difficultés de mobilité, commerce informel, précarité…
L’autorité publique doit donc être ferme, mais aussi cohérente. Faire respecter une règle suppose que celle-ci soit claire, applicable, constante et accompagnée, lorsque cela est nécessaire, de solutions réalistes. Déplacer un problème d’une rue vers une autre n’est pas gouverner. Organiser durablement l’espace public, en revanche, relève pleinement de la responsabilité politique.
L’exemplarité des dirigeants est tout aussi essentielle. L’autorité ne peut pas faire respecter la discipline aux citoyens tout en donnant l’impression qu’il y des exceptions à certaines règles. La loi est légitime quand elle est en conformité avec les valeurs de justice et de morale d’une société. C’est peut-être là que se situe le véritable enjeu pour Antananarivo. Il ne s’agit pas seulement de rendre la capitale plus propre ou plus ordonnée. Il s’agit de démontrer qu’une décision publique peut encore être comprise, assumée et appliquée dans la durée.

Rakoto

 

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