À Madagascar, tout projet, qu’il soit petit ou grand et quel que soit le domaine, fait systématiquement l’objet d’une contestation. La dernière en date porte sur le déménagement des transporteurs de l’ancienne gare routière de Fasan’ny Karana vers la nouvelle gare routière d’Amoronakona.
Il arrive que les gens entraînés dans ces mouvements soient dans l’ignorance totale des tenants et aboutissants du projet, faute de discernement pour juger si la mesure est bénéfique ou non à la population. Quoi qu’il en soit, l’initiative finit souvent par être remise en question.
Ces mouvements peuvent être très brefs ou durer suffisamment longtemps pour paralyser le projet, voire entraîner son abandon. Ce qui représente une grande perte pour le pays lorsque la mesure devait apporter une nette amélioration du quotidien des citoyens.
Toutefois, force est de reconnaître qu’il est bien difficile pour la population de savoir à l’avance ce dont elle va bénéficier. Ce n’est que plus tard qu’apparaissent les bienfaits du projet. Mais entre-temps, le mouvement peut avoir occasionné de nombreux dégâts.
Sur le plan de l’intensité, ces contestations peuvent se manifester de manière violente ou pacifique. Et quand un affrontement éclate entre les forces de l’ordre et les contestataires, on peut déplorer la perte de vies humaines. C’est malheureusement ce qui s’est passé tout dernièrement.
Il est heureux que le dernier mouvement de contestation n’ait duré qu’un jour. On peut dire que la population a compris l’intérêt du déménagement et n’a donc pas suivi le mouvement, ce qui a limité les pertes. Mais quand le mouvement prend une autre envergure, le danger est partout.
À titre d’exemple, la contestation contre certains grands projets d’investissements miniers peut mobiliser des entités autres que les premiers concernés, comme la société civile. Celles-ci dénoncent principalement les initiatives nuisibles à l’environnement quotidien de ces populations.
Et bien évidemment, certains politiciens en mal de popularité ne manquent jamais d’ajouter leur grain de sel. Ce sont d’ailleurs ces tentatives de récupération politique qui sont les plus à craindre. Pour ces politiciens malintentionnés, l’impact de ces mouvements importe peu.
Il est regrettable que, bien souvent, ces tensions entraînent des pertes de vies humaines. Certes, la population ne doit pas toujours tout accepter des dirigeants, mais ce n’est pas une raison pour tout contester non plus. C’est à se demander si les Malgaches ne sont pas des contestataires nés !
Ranaivo Lala Honoré




