Ceni: la Magistrate, Anne Raymonde nommée membre du bureau permanent

Le renouvellement complet du bureau permanent de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), après la démission collective de huit membres, se poursuit, avec la nomination de la magistrate Anne Raymon­de, officialisée par décret, au titre de la présidence de la Refondation. Mais malgré cette recomposition, cela ne suffit pas à faire taire les interrogations sur la place et la légitimité de cette institution dans le processus de refondation.
Mis à part le président de la Ceni, Thierry Rako­tonarivo, qui fait son re­tour, après sa démission au poste de vice-président en 2020, 9 nouveaux visages siègent maintenant au sein du bureau permanent de l’organe.
A citer, Abraham Rajafetra Setraniaina Solomanjaka, nommé au titre de la Haute Cour Constitutionnelle, Danielle Oméga Rambina au titre de la Cour Suprême, Mamy Rabetokontany au titre de l’ordre des avocats, Anitra Rakotoarisoa au titre de l’Ordre des journalistes.
Du côté de la société civile, Cyril Rabenandrasana et Lanjaniony Sariaka Andriatsimiala sont désignés comme représentants des organisations légalement constituées dans l’observation des élections. Et dernièrement, Anne Raymonde complète la liste. Seul le représentant du Sénat, dont le mandat a pris fin en décembre, manque.
A travers cette nomination, le président de la Refondation n’a pas l’intention de dissoudre la Ceni qui reste pour autant au centre de la controverse. Dans le contexte de la Refondation, plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile ont remis en cause son maintien et ses capacités à conduire des élections crédibles. Le problème ne réside pas seulement dans la composition du bureau permanent, mais dans sa structure même. Son indépendance est-elle effective vis-à-vis du pouvoir politique, surtout face aux failles constatées lors des précédents processus électoraux.
La nomination d’une magistrate peut être vue comme une tentative de redorer le blason de l’organe. En intégrant un profil issu de la magistrature, les autorités veulent a priori renforcer la dimension légale de l’organe électoral.

Tivo Rasam

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