Les risques du métier

Le corps de la ma­gistrature vient de bé­néficier d’un traitement de faveur suite à la décision de la HCC de lui accorder un ré­gime dérogatoire au droit commun en ma­tière de détention et de port d’arme. Doréna­vant, à ce sujet, il leur suffit d’effectuer une simple déclaration au­près du ministère de la Justice.
Cela a été donc facilité dans la mesure du possible car plus be­soin des longues et difficiles procédures de demande de détention et de port d’arme. Ainsi, les magistrats se trouvent ainsi au-dessus de la loi différemment des communs des mortels.
Il y a un risque de créer des polémiques parce qu’on se posera des questions sur le res­pect du principe d’égalité de tous devant la loi. En effet, le simple ci­toyen n’aura que ses poings pour se défendre en cas d’agression dans un environnement marqué par une forte hausse de l’insécurité.
Bien évidemment, il y a ceux qui peuvent se permettre de louer la présence d’un garde de corps attitré ou encore les services d’une société spécialisée dans la sécurité des biens et des
personnes. Mais tout le mon­de n’a pas les moyens pour ce faire.
Bien évidemment, on n’ira pas jusqu’à prôner la liberté de détention et de port d’arme à tous comme dans certains pays avancés. Il est certain que cette idée a beaucoup de partisans. Comme çà, tout le mon­de pourra se défendre avancent-ils. Mais tout compte fait, cela ne ferait qu’empirer la situation.
Pourquoi une telle décision ? Est-ce pour permettre aux magistrats de se défendre en cas d’agression ? Certes, la vue d’une arme à feu est plus ou moins dissuasive : Mais de toutes les façons, la possession d’une arme n’est pas une garantie totale contre les risques d’agression.
La magistrature est-elle le seul corps de métier qui présente des dangers dans l’exercice de ses fonctions ? Certes, il faut reconnaître qu’il y a des risques quand les magistrats ont affaire à des bandits de tous acabits. Mais dans chaque métier, il y a toujours un ou plusieurs risques.
Un journaliste peut se faire molester par des gros bras payés par un commanditaire qu’il a écorché vif dans un article. Un médecin a à craindre pour sa vie à cause des velléités de vengeance des membres de la famille qui lui reprochent le décès d’un de ses patients. Les exemples ne sont pas rares.
Un enseignant peut se faire tabasser par un ou plusieurs étudiants frustrés de ne pas avoir obtenu les notes suffisantes pour décrocher un diplôme, …. Comme on peut le constater, les magistrats ne sont pas les seuls qui encourent des ris-ques dans l’exercice de leur fonction. Ce sont les risques du métier.

Ranaivo Lala honoré

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