Dix mois après l’installation du régime de la Refondation, certaines mesures destinées à améliorer les conditions de vie de la population, réformer des secteurs clés de l’économie et des services publics, ont été prises, sans attendre les résolutions définitives de la réconciliation nationale. Les urgences n’attendent pas, comme on dit.
Parmi les principales dispositions adoptées, une hausse de 14 % des salaires des agents de l’Etat, la revalorisation de l’indemnité de logement à 200.000 et l’octroi de l’indemnité de craie fixée à 135.000 ariary pour les enseignants. Dans le secteur privé, le gouvernement a revalorisé le salaire minimum à 300.000 ariary, pour répondre à l’augmentation du coût de la vie.
L’amélioration des services essentiels figure également parmi les objectifs affichés. Dans le domaine de l’eau, de nombreuses infrastructures et des projets ont été réaliser. Le recours à des solutions permettant de dessaler l’eau de mer est également présenté comme une piste pour répondre aux difficultés d’approvisionnement dans certaines zones.
Sur le plan énergétique, le gouvernement affirme par ailleurs avoir engagé des actions visant à réduire les délestages et à améliorer la fourniture d’électricité. Ces deux secteurs restent toutefois particulièrement vulnérables. Leur évaluation ne peut donc pas se limiter au nombre d’infrastructures annoncées ou mises en service, mais doit également prendre en compte la régularité et la qualité des services effectivement fournis.
L’enseignement supérieur n’est pas non plus en reste : des équipements supplémentaires ont été prévus ou mis à la disposition des étudiants, tandis que les dispositifs de bourses universitaires ont été renforcés. L’objectif affiché est d’améliorer les conditions d’études et de répondre aux besoins matériels des universités.
Autre changement mis en avant : l’évolution du marché des hydrocarbures. La libéralisation des importations de produits pétroliers visant, selon les autorités, à mettre fin au monopole et à stimuler la concurrence. L’impact de cette réforme reste toutefois à apprécier en fonction de l’évolution des prix, de l’approvisionnement et le degré de la concurrence.
Au terme de ces dix premiers mois, le régime de la Refondation dispose d’un certain nombre de mesures qu’il présente comme les premières concrétisations de son action. Mais entre annonces, décisions et résultats, plusieurs étapes restent à franchir et beaucoup restent à faire.
L’enjeu des prochains mois sera de vérifier si ces mesures produisent les effets escomptés, durables sur le pouvoir d’achat, l’accès à l’eau et à l’électricité, les conditions d’éducation et le fonctionnement de l’économie. Pour la population, le principal indicateur restera cependant le même : l’amélioration concrète des conditions de vie au quotidien. C’est sur cette base que les résultats du régime pourront, à terme, être véritablement évalués.
N.A




