« Tu ne tueras point »

Le double meutre de Haingotiana et de Stéphanie focalise en­core les réseaux so­ciaux. A travers les nombreux commentaires, on peut apprécier un sentiment de révolte général. Les arrestations qui ont
eu lieu n’ont pas suffi pour calmer les esprits.
Eh oui, ce crime est tellement choquant que dans les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui ont fait montre d’une très grande colère. Cette colère est telle qu’on réclame, ni plus ni moins, que la loi du talion soit appliquée, à savoir : « œil pour oeil, dent pour dent ».
Autrement dit, ces personnes sont favorables au rétablissement de la peine capitale. Mais ces personnes doivent savoir que la peine de mort, ce n’est pas la justice, c’est la vengeance. Dans ces cas, rien ne la différencie de la vendetta, sinon qu’elle est légalisée et est appliquée par les autorités.
Par ailleurs, il est certain que le spectre de la peine de mort
n’a jamais dissuadé le moindre criminel de commettre son forfait. S’il s’est décidé de passer aux actes, c’est qu’il a toujours été convaincu qu’il pouvait se faufiler entre les mailles de la justice. D’où les nombreux cas de récidives.
Pour une grande partie des partisans de la peine de mort, le raisonnement est tout simple. Pour quelqu’un qui a déjà tué et dont la sentence est la prison à vie, plus rien ne changera de sa peine à venir qu’il en tue un, deux ou dix de plus. En effet, cela ne changera pas grand-chose. D’où la solution radicale.
D’autant plus que d’aucuns n’ignorent comment est appliquée la justice dans le pays. Avec beaucoup de moyens financiers et des relations bien placées, un bon nombre de coupables a réussi à passer entre les mailles de la justice. C’est la pire crainte de l’opinion publique.
Et là se pose le grand problème : Comment s’assurer que ces assassins ne sortiront jamais de prison ? Par défaut d’appliquer les lois tout simplement, beaucoup de criminels notoires se retrouvent libres et ne manquent pas de pa­vaner au milieu des citoyens comme s’ils avaient encore tous leurs droits.
De plus, un grand nombre de prisons est bien connu pour qu’on s’y évade facilement. Laxis­me des autorités ou insuffisance de moyens ? Peut-être
bien les deux. Il ne faut pas être ingénieux com­me « Papillon » ou les Dalton pour réussir à s’évader des geôles malgaches.
Ce sont les peines de prison incompressibles et effectuées jusqu’à leur terme qui peuvent donner le maximum de garantie à tous ceux qui hésitent encore entre le rétablissement de la pei­ne de mort ou non. Si ces conditions sont rem­­plies, beaucoup accepteront l’idée d’une justice impitoyable et ferme.
Alors, ils diront non à la peine de mort en étant certain que les concernés purgeront leur peine respective jusqu’à la fin de leur vie. Et cela permettra de respecter la formule consacrée : « Tu ne tueras point »

Ranaivo Lala Honoré

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