Centrale HFO à Toamasina: l’État met fin au contrat d’Enelec

La Jirama a repris officiellement hier, la gestion de la centrale thermique HFO de Toamasina II. L’État malgache a en effet rompu le contrat qui le liait à la société Enelec. Cette décision s’inscrit dans la stratégie du ministère, visant la relance du secteur énergétique et l’indépendance énergétique du pays.

Le décret n°2026/2432 confirme cette décision. Adopté en conseil des ministres le 3 novembre, il a été notifié à Enelec hier matin. De ce fait, l’Etat malgache réquisitionne la centrale, son personnel et les biens nécessaires à son exploitation, dont des installations, des équipements et des employés. Dans l’immédiat, la Jirama assure la production de manière provisoire.
Pour information, cette centrale qui fonctionne au fioul lourd, dispose d’une capacité de 32 MW. Pour­tant, elle ne fournit que 14 MW au maximum. La Jirama entend donc mieux exploiter ces capacités pour produire davantage. Ce changement est important pour l’approvisionnement électrique de Toamasina. Son but est d’améliorer la desserte de Toamasina et de ses environs.
L’opération s’est déroulée en présence de nombreux responsables. Le ministre de l’Énergie et des hydrocarbures, Lucas Rabearimanga Radonirina, s’est déplacé sur place. Il était accompagné de techniciens et de cadres de la Jirama, conduits par leur directeur général. Des représentants de la Présidence chargés des réformes et des organes de contrôle étaient également présents.

Ultimatum
Cette mesure répond à un besoin pressant. «L’État passe à la vitesse supérieure pour répondre aux attentes de la population», indique le ministère. Désormais, la Jirama doit «améliorer la qualité du service et garantir un approvisionnement stable», ajoute-t-il.
Le contentieux ne date pourtant pas d’hier. En juillet 2026, le colonel Mi­chaël Randrianirina, chef de l’État, avait lancé un ultimatum à Enelec. Il lui accordait une semaine pour régler les problèmes de production à Toamasina, Antsiranana et Mahajanga. Enelec était alors le partenaire de la Jirama dans ces trois villes.
«Si elle ne veut pas travailler à Madagascar, qu’elle parte», avait-il averti. «C’est un dernier avertissement», avait-il martelé. À l’époque, il n’avait précisé aucune sanction. Quatre mois plus tard, l’État passe aux actes et reprend l’Enelec.

Arh.

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