Protéger sans enfermer

C’est évident que l’écran est une fenêtre ouverte sur le monde. En quelques clics, un enfant peut accéder à des connaissances extraordinaires, découvrir des nouvelles cultures, apprendre une langue ou développer sa créativité. Mais cette même fenêtre donne aussi accès à des contenus normalement interdits aux mineurs, parfois à l’insu des parents qui une fois devant les faits accomplis, éprouvent leur impuissance, tellement il n’y a pas moyen de tout filtrer et de tout censurer. Mais les pouvoirs publics ont décidé de prendre le taureau par les cornes.
La décision prise en Conseil des ministres de bloquer les sites diffusant des contenus obscènes s’inscrit dans cette logique, pour répondre à une préoccupation majeure qui est de protéger les jeunes des images ou des vidéos qui peuvent influencer leur développement. Un enfant n’arrive pas encore à distinguer fiction et réalité, divertissement et comportements obscènes.
Et donc, laisser internet sur le téléphone sans garde-fous, reviendrait à abandonner les familles face à un défi devenu impossible à relever. Les enfants sont aujourd’hui connectés sur plusieurs appareils, utilisent des applications variées et naviguent avec une facilité qui dépasse parfois celle des adultes. Dans ce contexte, limiter l’accès aux contenus les plus manifestement inappropriés, apparaît comme une mesure de protection plutôt que comme une volonté de tout contrôler.
Le véritable défi sera donc celui de l’équilibre. Les critères de blocage devront être clairs, transparents et strictement limités aux contenus réellement pornographiques ou manifestement contraires à la protection des mineurs. Au fond donc, cette décision rappelle une évidence, liberté s’accompagne de responsabilités.

Rakoto

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