Culture barbare

La psychose gagne du terrain avec la recrudescence des cas de disparition inquiétante suivie de découverte macabre ces derniers temps à travers le pays. Le lynchage populaire d’hier à Maintirano en était l’exemple le plus extrême. La foule en furie ne veut pas attendre l’issue de l’enquête policière mais se fait justice soi-même, même si la présomption d’innocence est un principe de tout Etat de droit.
Dans la capitale, les accusations gratuites se sont multipliées la semaine passée, si bien que des innocents frôlent parfois la mort. Pas plus tard que samedi, un livreur qui demandait le chemin menant à un centre pour enfants afin de livrer un colis, a évité de justesse une vindicte populaire, à Morondava Antehiroka. Il a dû sortir tous les colis qu’il transportait pour prouver son innocence. Cela faisait suite aux mise en garde d’une commerçante locale en entendant les questions du concerné.
Entre perte de confiance de la population envers les autorités, prise de responsabilité pour mettre un terme à ce phénomène de disparition et de meurtre, et psychose, les Malgaches sont actuellement sur le qui-vive. En tout cas, les problèmes sociaux actuels démontrent dans une certaine mesure, un recul culturel. Dorénavant au-delà du chacun pour soi (une mentalité occidentale) et du fihavanana (suivant la logique malgache), la lutte pour l’existence au sens darwinien du terme, gagne du terrain.
Suivant l’approche évolutionniste, la société passe par trois stades : sauvagerie, barbarie et civilisation. La société malgache ne se situe pas vraiment à l’état sauvage. Elle ne cherche pas à s’imposer par la force, la manifestation populaire de septembre-octobre 2025 en est la preuve. Elle n’est pas non plus civilisée au sens propre du terme, même si les technologies d’information et de communication (Tic) gagnent du terrain. Elle se situe entre les deux…

Rakoto

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